Rencontre des animateurs de GEMs à Montélimar les 4 et 5 octobre prochains

Après Narbonne en septembre dernier, puis Besançon en mars, la prochaine rencontre des animateurs de GEMs de l’association Substrat aura lieu au GEM de Montélimar les 4 et 5 octobre prochains. Au programme le difficile position de l’animateur de GEM soumis aux injonctions paradoxales de ses différents donneurs d’ordre, l’accueil, les anciens adhérents devenus animateurs,…

Le programme de la rencontre

Le site de l’association Substrat


Resituer les GEMs dans tout le maillage socio-sanitaire de la santé mentale

On ne pourra pas non plus faire l’économie de nous intéresser à la population des 2 millions de personnes suivies par les CMP, les SAMSAH, les MDPH ou aux 850 000 personnes mises sous tutelle ou curatelle renforcée dont sont issus la presque totalité des Gémois. La majorité des gémeurs quand ils ne sont pas suivie par le privé, fréquentent un CMP, qui est souvent leur autre grand interlocuteur. La plupart des Gémeurs sont suivi par un CMP à raison d’une fois par mois, voire tous les 3 mois, les moins « stabilisés » suivant la terminologie en vigueur, ayant même un rendez vous tous les 15 jours. Une partie de notre étude va donc consister à étudier comment ses différents services travaillent mains dans la main, se fréquentent à intervalles plus ou moins réguliers.

On pourra éventuellement élargir cette comparaison aux hôpitaux de jour, au CATTP, ESAT fréquenté par quelques gémeurs mais de façon moins fréquente. De façon générale, les patients en hôpitaux de jours ou en CATTP ne sont pas encore considéré comme assez stabilisés pour pouvoir fréquenter un GEM (risque de crises, difficultés relationnelle, violence,…). Quant aux quelques 10 % de salariés protégés fréquentant un ESAT, ils ont rarement le temps de se rendre au GEM.

Les GEMs sont la suite plus ou moins logique d’un parcours psychiatrique qui a commencé entre les 4 murs d’un HP, pour se poursuivre ensuite de l’hôpital de jour au CATTP et se terminait définitivement dans un GEM, acte final de la psychiatrie. GEMs et Club Houses proposent certes un concept beaucoup moins médical que les hôpitaux de jours ou les CATTP qui ne sont que la prolongation par d’autres moyens de l’HP, mais ils restent des outils de gestion psychiatrique. On peut même subodorer que c’est un peu pour désengorger les CMP que les GEMs ont vu le jour. Il ne se passe pas d’ailleurs un jour ou deux sans que l’animateur de certains GEMs proches des institutions médicales (alors que d’autres ont plutôt tendance à refuser le contact,   soit obligé d’appeler le CMP pour un de ses adhérents. Donc, paradoxalement, le GEM est censé n’avoir aucun rapport officiel et institutionnel avec le CMP, et dans la réalité celui-ci est devenu un de ses plus grands interlocuteurs mais aussi sa soupape de sécurité. Il faut dire que la vie en CMP qu’a s bien décrit Livia Velpry a beaucoup changé depuis « Le quotidien de la psychiatrie » et l‘adoption en 2011 de la loi sur les soins sous contrainte, les rapports entre usagers et soignants, étant souvent devenus plus tendus. On comparera d’ailleurs avec beaucoup d’intérêt l’ambiance en CMP que décrit Livia Velpry et telle que nous avons pu l’observer sur le terrain (enquête de 2017 pour Psychiatria Delenda Est ») avec une multiplication des salles de soins pour l’administration des injections retards, un engorgement toujours plus grand des salles d’attente.

Pour aller plus loin :

Le rapport Traspsy sous la direction de Florence WEBER 2017

Entre accompagnement médico social du handicap psychique et soins psychiatriques: Etude de trajectoires de malades mentaux en Ile de France

Quelques exemple d’activités mises en place par des GEMs 


Avignon (Mine de Rien) : Organisation du Festival du Film Précaire

Charleville Mézières (Sollicitude) : organisation d’une expo de peinture dans une galerie d’art

Coulommiers (Par le Lien) : cuisinent et vendent de la soupe aux commerçants de la ville

Fontainebleau (Le Gem de la Forêt) : collabore avec la Croix Rouge et organise chaque année un défilé de mode

Lannion (Le bon Cap) : Création & gestion d’un magasin solidaire le Cap Mag’ig

Montauban : un des seuls GEMs qui s’adresse à un public jeune (26 ans de moyenne d’âge contre 50 pour la moyenne des GEMs)
Montpellier (Gambetta) :Organise des voyages dans toute la France

Palaiseau (L’entracte) : organisation de SpeedDating InterGEMs Mise en place d’une recyclerie

Paris (Connexion) : participe à l’organisation de nombreuses manifestations artistiques listées sur son site WEB

Saint Denis (L’entre Temps) : joue une pièce de théâtre chaque année

Une proposition :Donner une forte orientation pratique à la thèse

Vers une recherche-action


Mon but à travers cette thèse, outre de faire œuvre de sociologue, est de participer à la dynamique et au développement des GEMs en lui donnant une forte orientation pratique. Elle se fera donc de préférence avec l’implication de fédérations InterGEMs, des CRÉAI, du CNSA et des Autorités Régionales de Santé. Son but opérationnel donner aux GEMs  une dynamique nationale pour qu’ils ne fonctionnent plus uniquement dans leur coin : 40 000 adhérents dont la moitié qui participent aux GEMs à raison de deux ou trois fois par semaine, ça commence à faire une véritable grosse entreprise et une des associations les plus dynamiques de France1.

On peut également espérer engager une recherche-action avec certains GEMs, voire groupements InterGems régionaux. Ce seront donc sans doute alors les régions qui s’impliqueront dans la thèse qui seront également les terrains d’étude de celle-ci et la mise en place d’une Recherche-action. Rien n’empêche une certaine mise en concurrence de celle-ci et des acteurs pour trouver le/les terrains les plus favorables à cette mise en place : certaines régions étant beaucoup plus dynamiques que d’autres ou ayant déjà créé de fort liens InterGEMs2. On pourrait par exemple faire porter la recherche-action  sur la mise en  place d’un projet pilote mené par les GEMs  d’une région donnée devant servir d’exemple aux autres  GEMs de France  Il sera cependant plus difficile d’aboutir à une étude intéressant l’ensemble des GEMs de France (l’échelle sera trop petite pour mettre en place par exemple  une plate-forme collaborative à la fois en terme de coût et de nombre d’utilisateurs). Une autre solution serait que le GEM de ladite région soit l’initiateur et le réalisateur d’une étude au niveau national (nous reprendrions un peu les mêmes méthodes que le rapport d’Advocacy où les adhérents seront eux même les chercheurs-enquêteurs, ce qui correspond d’ailleurs au désir des initiateurs de cette Recherche-Action qui veulent lui donner une suite).

On pourrait également par exemple imaginer un tour de France des GEMs donnant lieu à des formations à l’utilisation d’un outil de publication sur Internet, afin que chaque GEM puisse lancer son site Internet (stratégie adoptée par le WebMaster, devenu Community Manager du Secours Catholique avec sa triple stratégie Drupall pour le site WEB du Secours Catholique, SPIP3 & Facebook pour le site WEB des délégations) Cela serait très utile dans la mesure où pour l’instant il n’existe guère en la matière de stratégie internet et que les GEMs se contentent de simple pages Facebook assez peu fréquentées et ont des blogs non remis à jour souvent depuis plus de 6 mois.

Une autre partie de mon action va être de permettre aux GEMs de mieux se connaître entre eux, mais aussi mieux bénéficier tant des apports des Clubs Thérapeutiques et du modéle Club House. ils ne suffit pas de construire l’objet sociologique, puisqu’il l’a en partie déjà été par plusieurs thèses (de médecine) et par de nombreux articles ; « my next step », et cela pourrait faire partie d’une recherche-action, sera de permettre à ces 3 formes de groupement de mieux communiquer entre eux en permettant un développement harmonieux et intégré de la gestion communautaire des troubles psychiques, chacune de ses pratiques s’apportant mutuellement. Ma recherche action pourrait consister à faire se rencontrer les acteurs de différentes régions et de différents courants (pairs aidant d’un côté, professionnels du rétablissement, clubs thérapeutiques de l’autre, ClubHouse encore d’un autre,…). L’idéal serait alors de pouvoir y jouer un rôle transversal (ayant une appartenance plurielle aux différents groupes (je suis à la fois membre de GEMs, de Clubs Thérapeutiques et de l’association qui gère les ClubHouses).

Les limites de la collaboration

Certains départements, certaines villes vont se montrer plus coriaces que d’autres pour y mener une enquête de terrain. Dans les Hauts de Seine par exemple nous avions rencontré une animatrice volante qui nous donna spontanément son 06 pour venir lui rendre visite. Mais dès qu’elle annonça notre visite au coordinateur des GEMs locaux, je du passer par le filtre de celui-ci. La même aventure se répéta encore avec le collègue de son supérieur hiérarchique qui m’expliqua fermement qu’il ne tenait pas à ce qu’un étudiant vienne « mettre le bordel » dans ses 7 GEMs, ayant connu une aventure malheureuse avec un étudiante l’année précédente. Dans d’autres GEMs, tout se passe bien au début, jusqu’au jour où vous prenez une initiative qui déplaît, ce qui peut d’un coup vous fermer quelques portes. Beaucoup de présidents de GEM m’ont décrit le même type de phénomêne où, sans qu’ils ne comprennent pourquoi ils ont ainsi été pris en grippe par leur parrain et ont souvent du finir par démissionner. Ailleurs le GEM vous accepte, mais à condition que vous ne soyez pas psychologue ou que ça soit le GEM lui aussi qui décide de votre sujet de thèse (Les cas respectif du GEM Parenthèse à Marseille et de BPBO à Toulouse). Cela dit, de façon générale, beaucoup de GEMs que j’ai rencontré ont été heureux de collaborer parce que cela leur a apporté un autre regard et fourni une connaissance du milieu Gémique qu’ils n’avaient pas forcément eux-même. Il y a eu un réel échange avec les jeunes animateurs mâles travaillant en solo (Ceux de Margny les Compiègne, précédemment cité, du GEM TC de Clermont-Ferrand et du GEM de Nogent sur Oise). On ne peut en dire autant des animatrices en poste depuis de nombreuses années et qui m’ont semblé  souvent adopter un discours plus formaté et possèder (ou vouloir) une énorme emprise sur leur GEM. Ce qui explique que dès qu’il est question d’entrer dans certains sujets, les relations avec les parrains notamment, ou bien la toute puissance des animateurs, ça peut bloquer, voire interrompre tout dialogue et toute enquête de terrain.

Si il est facile de rentrer dans un GEM en disant qu’on a des problèmes psychiques, y faire de l’observation participante est déjà plus difficile : le simple fait de prendre des notes, même discrêtement, suffit à vous faire prendre la main dans le sac. Et si vous annoncez d’entrée de jeu votre position d’enquêteur, votre présence sera signalée au parrain du GEM et la question de votre entrée dans le GEM va devoir être discuté au Bureau de l’association.

Il ne faut pas préjuger à 100 % d’une possibilité de collaboration avec les fédés InterGEMs, les résistances à une telle étude ou collaboration pouvant être nombreuses, notamment à cause d’un versant forcément critique de mon travail de recherche, remettant en cause le climat de bien-pensance et le consensus mou autour du handicap. Il ne faut pas oublier non plus qu’il existe une certaines concurrence entre les GEMs, suivant leur parrainage UNAFAM, FNAPSY, AFTC ou Advocacy. Ailleurs ce sont des logiques territoriales qui s’affrontent, les GEMs de Toulouse contre ceux de Montpellier avec l’exemple de Jean Jacques Piéron,le montpelliérain qui n’arrive pas à avoir de contact avec les GEMs du Midi-Pyrénée.

Qu’il y ait ou non collaboration ne changera cependant pas fondamentalement la donne : je ferai cette thèse de toute façon avec les GEMs qui le voudront bien, chaque GEM étant entièrement libre de mener ses propres activités et étant largement ouvert à l’extérieur. Il est clair que ce ne sera pas même thèse : elle sera plus sauvage, moins exhaustive, moins orientée applications directes, plus analytique et plus critique, davantage faite d’observation in vivo, d’organisation d’événements ponctuels donnant lieu à des possibilités d’observation. C’est d’ailleurs ce que nous avons commencé à faire par la participation active aux activités d’un regroupement de Clubs (le TRUC) où nous avons travaillé sur la possibilité d’un échange GEMs/Club Thérapeutiques, d’événements organisés par les GEMs (soirées SpeedDating,…), réflexion sur la mise en place d’une plate forme InterGEMs du Midi-Pyrénées, de Ciné -Débat à propos du Film « Nous, les Intranquilles », rencontres entre des GEMs du sud et du nord de la France. Chacun de ces terrains provoqués nous a ainsi permis de tirer de nombreux enseignements sur le fonctionnement réel des GEMs, sur les antagonismes qui les séparent, les rapports de force entre présidents, animateurs, associations gestionnaires des GEMs et autorités de tutelle.

1Après tout le Secours Catholique n’a que 1000 salariés et 60 000 bénévoles qui consacrent en moyenne moins d’une heure par semaine à leur bénévolat

2 Le rapport d’Advocacy a d’ailleurs montré l’hétérogénéité des situations, la Normandie ayant été dans leur cas beaucoup plus en phase que la région des Hauts de France, les adhérents des GEMs ayant été de longue date sensibilisés à la thématique de la recherche-action, à leur droit à l’expression et à leur implication dans la société.

3 Dans le cas d’un outil commun WordPress qui a supplanté SPIP depuis 2007 sera beaucoup plus approprié

Classement thématique des articles publiés sur Entraide Mutuelle



Vous trouverez ici l’ensemble des articles publiés sur Entraide Mutuelle depuis le mois de mars 2019, classés par thèmes. Ce sont des articles en constructions que j’écris au fur et à mesure que je progresse dans la connaissance du phènoméne.

Introduction au site WEB

Bienvenu sur Gemologie : Le Groupement d’Entraide Mutuelle Virtuel

Introduction à la thèse

Les GEMs comme nouvelle utopie possible

Les Groupements d’Entraide Mutuelle – leur vie leur oeuvre : projet de thèse

Brève histoire des GEMs

Le cahier des Charges et les statistiques officielles

J’aimerais créer un GEM. Que faire ?

Le fameux cahier des charges des GEMs

Bilan d’Activité 2018 des GEMs

Le nouveau Cahier des Charges 2019

Les GEMs autistes enfin officiellement créés

Faut-il des GEMs spécifiques ou pas pour chaque pathologie

Les GEMs

Loire Atlantique

Le GEM le Nouveau Cap de Nantes

le GEM le Pacifique à Ancenis

Paris

Artame Gallerie Paris 20éme

Le GEM Hemisphérique de Vanves

Normandie

L’Espace Convivial et Citoyen d’Advocacy Caen

Ile de France

Les GEMs du département des Yvelines

Les GEMs du 93 et du 95

Meurthe et Moselle

Les GEMs d’Espoir54 en Meurthe et Moselle

Puy de Dôme

Les GEMs des Dômes

Oise

Les GEMs de l’Oise

Témoignages :

Melissa au pays des bipolaires : journal d’une gémeuse de l’Etoile Polaire

Quand les Gémeurs décrivent les aléas de leur vie au GEM

Ce qu’on y fait

“Le GEM parfois on y fait rien, parfois on y  fait quelque chose

Quand les GEMs sont à l’origine de nouvelles  activités

La pratique artistique dans les GEMs

Les InterGEMs

Quelques événements 

Colloque de la Fnapsy du 9 Mai 2019 « Santé Mentale : De l’Entraide à la  Pair Aidance

L’InterGEM de CastelJaloux des 5 et juin 2019

Le Forum annuel Inter-Clubs Thérapeutiques de Villiers sur Marne du 14 juin dernier

La clinique de la Chesnaie en fête pour ses 60 ans le 15 juin 2019

Quelques faits saillants

Les GEMs et les questions de sous

A propos du doublement de la subvention des GEMs demandées par certains

Les suicides dans les GEMs

Quand les membres trop turbulents se font  exclure

Les professionnels des GEMs

Quelques premières indications sur la gouvernance

Les animateurs

Des animateurs de GEM au profil très varié

Animateurs en Burn out

La page recrutement d’Entraide-Mutuelle

Les présidents

Président, la figure montante des GEMs

François Bourges, président de tous les GEMs

Alain Sisyphe, président de GEM

Alain Marliére le président-adhérent en pleine ascension

Maïté Arthur & Claude Finkelstein

Les présidents fondateurs, des présidents à  vie

Jean Jacques Pierron et son tour de France des GEMs

Jacques Fraschini le créateur de Mut-GEM à (…)

Les partenaires et homologues des GEMs

Culture du coeur

Les ClubHouses, des Super-GEMs destinés au retour à l’Emploi et à la Réhabilitation Sociale

La comparaison GEMs et Clubs Thérapeutiques

Analyse critique du développement des GEMs

Le GEM, une autre forme d’asile et d’aliénation  aussi

Liberté, Egalité, Discrimination

Journal de recherche 

Les tribulations d’un sociologue dans la tribu  des GEMs

Les points d’achoppement d’une thèse sur les GEMs

Anonymiser les GEMs, dire ou ne pas dire, 

Pourquoi cette thèse ?

French Mutual Help groups Stefan Jaffrin (…)

Le livre Pychiatria Delenda Est

Ressources

Listes et Carte de France des GEMs

Les principaux sites WEB

Rapport/Mémoires et théses sur les GEMs

Bibliographie Générale sur la psychiatrie

Articles sur les GEMs ou livres sur des sujets connexe

La fédération des GEMs de la région Rhone Alpes

Depuis 2006, les GEM de la région éprouvent le besoin de partager leurs expériences et se soutenir par des rencontres. Puis le besoin de se fédérer a donné naissance à la création d’un collectif correspondant. Le collectif régional inter GEM Rhône Alpes réunit tous les GEM régionaux, qui adhèrent librement à cette entité non juridique.

Les objectifs

Co-organiser la journée interGEM régionale annuelle, mettre à disposition un espace ressource, éditer et mettre à jour la liste des GEM Rhône Alpes, créer et mettre à jour un site internet dédié. Mais aussi représenter les GEM de la région Rhône Alpes auprès des instances publiques.

Les principes

Respecter une neutralité bienveillante, mutualiser les compétences des GEM pour faire vivre un réseau en Rhône Alpes, respecter les textes fondateurs à l’origine de la création des GEM.

Les valeurs communes

Le fonctionnement du collectif Rhône Alpes repose sur des valeurs d’égalité, d’entraide, de partage, de citoyenneté, et la reconnaissance des compétences et talents de toutes les personnes participant à ce réseau.

L’écoute, le droit à l’expression et le respect président à l’ensemble des échanges et travaux en commun.

Le fonctionnement
Ce collectif est ouvert à tous les membres des GEM Rhône Alpes ; usagers, bénévoles, salariés, parrains. L’assemblée plénière annuelle tenue lors de la journée interGEM régionale désignera un comité de pilotage.

Celui-ci est composé de personnes mandatées par leur GEM ; il mettra en œuvre les objectifs définis par la charte du CRIGEM. Les modalités d’application suivent dans un règlement intérieur.

Le site du CRIGEM

Président, la figure montante des GEMs



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Dès le départ les GEMs ont été conçus comme des associations d’usagers dont l’animateur était un simple professionnel à leur service. Cela dit assez rares (moins d’une vingtaine sans doute et ça sera la mission archéologique de notre thèse d’en trouver le chiffre) ont été les GEMs directement mis en place par des associations d’usagers. La plupart du temps ce sont des structures médico-sociales ou des familles d’usagers qui ont présidé à la naissance d’un GEM. L’autonomisation ne s’est faite ensuite que très progressivement et de façon très différenciée suivant les cas, sous une forte pression de l’Etat et de la FNAPSY. C’est le Cahier des Charges de 2016 qui a rendu définitivement obligatoire que les GEMs soit gérées par une association d’adhérents, donnant comme date butoir 2019 pour une passation complète des pouvoirs. Cette passation des pouvoirs est maintenant faite presque partout(hormis les quelques présidents fondateurs indéboulonnables), mais dans la réalité il reste bien 2 types de GEMs, ceux gérés par les professionnels et ceux ou ce sont les adhérents qui règnent en maître.

Les GEMs ont beau être des associations d’usagers, il ne faut pas cependant considérer que le président a forcément le pouvoir. La moitié des GEMs que j’ai rencontré sont en faite plus ou moins fortement dominés par leur animateur, le rôle du président étant parfois même uniquement de rendre compte à celui-ci et de co-gérer les 300 Euros mensuels dédiés aux activités du GEM. 

La ligne de partage fondamentale se situe entre les GEMs qui sont leur propre gestionnaire et ceux ont recours à une association gestionnaire, chargé de salarier les animateurs et de tous les frais de gestion. Dans le premier cas, c’est le président du GEM qui a en charge avec son bureau les 78 000 Euros de la subvention et c’est lui le supérieur hiérarchique des animateurs. En revanche si le GEMs est géré par une structure extérieure, souvent médico-sociale, qui possède souvent 2 ou 3 autres GEMs dans le département, les animateurs, souvent dirigés par un coordinateur, y ont la plupart du temps un rôle beaucoup plus crucial. Non simplement le Président n’y dispose plus du pouvoir de l’argent et de décision de l’affectation des ressources, mais il se retrouve face à une superstructure avec laquelle il aura du mal à faire le poids.

Quand il n’y a qu’un gestionnaire, faisant office de parrain, ce qui est en réalité très souvent le cas, même si c’est interdit par le cahier des charges, c’est bien souvent son animateur salarié qui a le pouvoir. Un parrain fort peut être le gage d’un rôle limité de l’animateur au profit du président. Un parrain indépendant et fort comme l’Unafam, est souvent la garantie d’un régime présidentiel, les parrains, souvent familles d’usager, cherchent avant tout l’empowerment des adhérents. Le gestionnaire, issu quant à lui des structures médico-sociales, a tout intérêt à maintenir en place le pouvoir des professionnels. Mais là encore, le rôle du président s’arrête là où commence celui du parrain. Pour résumer le président est maître dans son GEM, mais sous le contrôle du parrain dès qu’il s’agit de contacts et de communication externe. Nous avons particulièrement vécu cette situation au moment où nous organisions la projection d’un film sur un GEM (La projection de “Nous, les intranquilles”, un psychodrame moderne).


Des présidents plus ou moins puissants

Dans certains GEMs le Président est une construction du parrain qui l’a soigneusement sélectionné parmi l’ensemble des adhérents, formé puis entraîné à être une sorte de parfait petit soldat. Le président est souvent aussi un nouveau venu, plus dynamique que les adhérents jusqu’ici présents et moins happé par le groupe, donc plus apte à s’en détacher et à prendre le contrôle. Dans plusieurs GEMs nous avons trouvé des présidents qui exercaient par ailleurs un métier à plus ou moins plein temps. C’est ainsi que le président du GEM Oisis de Nogent sur Oise (jusqu’en juin 2019) était par ailleurs programmateur informatique dans une SS2I parisienne, tandis que celui de l’Etoile Polaire (également affilié à Argos2001, comme quoi les bipolaires font bon ménage avec le monde de l’entrperise) exerce comme métreur auto-entrepreneur. Au GEM le Passage du 6éme arrondissement parisien, le vice-président est photographe à l’agence Magnum.

On trouve aussi quelques Super-présidents (ceux que qui le sont doublement, triplement comme le cas de l’ex vice président du CNIGEM président de pas moins de 3 structures locales, la présidence du GEM lui ayant servi de marche-pied pour ensuite devenir président d’un maximum d’autres structures.

Pour aller plus loin :
Quelques premières indications sur la gouvernance des GEMs


“O secours le président à pété les plombs”

Ca n’est pas une sinécure de devenir président de GEM…. Si tous ne vont pas jusqu”au suicide comme les malheureux président de GEM du nord en 2015 puis cette année, aucun n’en sortira totalement vivant.

Devenir président de GEM est souvent un événement majeur dans la vie d’une personne ayant connu des problèmes psychiques graves et cela va changer celle-ci durablement ; ne serait-ce qu’en lui donnant de nouveau un pouvoir dont il a été pendant trop longtemps privé. Devenu président, il va devoir co-gérer le GEM avec l’animateur, prendre des décisions importantes et participer à toute l’organisation de l’association.

C’est généralement très bénéfique pour son empowerment. Cela dit cela comporte aussi des risques, celui d’être ré-hospitaliser. Les présidents sont en effet d’après l’ensemble de nos interlocuteurs beaucoup plus susceptibles de retourner en HP qu’un adhérent lambda. Soumis à de plus fortes pressions, le Président peut être aussi plus sujet à des phases maniaques, voire à un sentiment de toute puissance…. un peu du type de ce que les grecs appelaient l’hubris (le goût de la démesure en toute chose) chez nos ancêtres empereurs.

Dans certains GEMs cela peut se traduire par une utilisation un peu excessive du pouvoir, comme celui d’exclure tous les membres qui ne sont pas de son avis ou lui font de l’ombre ou de s’imaginer un certain pouvoir sexuel (un président fut ainsi attaqué en justice pour harcélement sexuel envers une animatrice).

Pour aller plus loin :
Faire part de décès du président du GEM de Tourcoing

Les GEMs comme nouvelle utopie possible



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Des Salines Royales d’Arc & Senans au familistère de Guise, en passant par Longo Maï puis les TAZ d’Hakim Bey, j’ai toujours cherché l’Utopie et pour dire vrai l’ai souvent trouvé. C’est pour cela que lorsque j’ai découvert les GEMs, je me suis dit qu’il y avait un sujet, un sujet d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’un sujet profondément paradoxal, un sujet un peu méprisé, méconnu….celui de pauvres gens que la société a exclu quand ils ne se sont pas exclus tout seul. Les GEMs sont sans conteste l’évolution structurelle la plus notable de la psychiatrie ces 40 dernières années. Jamais on n’avait vu autant de personnes prises en charge et un tel déploiement de structures. On pourrait presque parler d’une véritable révolution copernicienne de la psychiatrie. Ce nouvel objet hors de l’institution médicale. Celui-ci pourrait aider à nous faire passer de la psychiatrie dictature que nous connaissons trop souvent aujourd’hui à une forme plus démocratique ou chacun des acteurs ait la liberté de prendre son destin en main.

J’ai donc commencé à fréquenter quelques GEMs sans forcément beaucoup m’y retrouver. Je suis trop habitué à vivre ma vie à 100 à l’heure, où je veux et quand je veux, pour vouloir vivre dans ce type de communauté. J’y ai souvent en revanche trouvé une joie et une douceur de vivre à plusieurs que l’on ne voit plus très souvent ailleurs, de l’art de co-habiter, de vivre ensemble harmonieusement, de se reconstruire doucement,… de s’apporter les uns les autres.

Soigner la société, prendre soin de soi

Si au premier abord on peut trouver certains GEMs un peu moroses et pas franchement accueillants, en assistant à leurs réunions hebdomadaires, en y vivant au jour le jour et en participant aux repas collectifs quotidiens, on s’aperçoit qu’il y a aussi de véritables dynamiques qui se mettent en place. De fait les adhérents des GEMs, d’isolés dans leur coin qu’ils étaient jusqu’à leur rencontre avec le GEMs, mènent souvent une vie plus riche et diversifiée qu’une bonne majorité des français (ils sortent plusieurs fois par semaine, ont des loisirs variés, se retrouvent tous les jours entre amis….). Les GEMs, ont ainsi permis au cours de ces 15 dernières années à quelques dizaine de milliers de personnes de sortir de leur isolement et d’ainsi revivre.

J’y ai donc vu toute la richesse qui pouvait advenir de ces lieux, que ces lieux qui était là pour prendre soin des gens, pouvait également soigner la société. Certes une pauvre richesse….on ne transforme pas à ce point le plomb en or. Mais une richesse quand même, celle qui permet aujourd’hui à 25 000 personnes socialement mortes et exclues depuis parfois plus de 10 ans, de vivre de nouveau une vie riche et de participer de nouveau à la vie sociale. C’est un long et très long cheminement parfois, pour des personnes qui ont toute leur vie été obligées de vivre au rythme d’une institution totalitaire où jamais on ne leur a demandé ce qu’elles voulaient. C’est tout le mérite de la recherche action menée de 2014 à 2018 avec Advocacy (http://www.advocacy-normandie.fr/index.php/2018/09/17/videos-concues-a-la-suite-de-la-recherche-action/) d’avoir montré comment impliquer les gémeurs dans le débat public et sortir de la passivité qui est souvent la leur : le manque d’implication est un reproche récurrent des animateurs et présidents de GEM envers leurs adhérents. Il y a quand même des GEMs plus militants que d’autres, même s’il ne représentent moins de 10% des GEMs. Les GEMs du 93 et du 95 participent aux Semaines de la Folie Ordinaire, ceux de PACA viennent de participer très activement à la journée Printemps de la psychiatrie du 25 juillet 2019. Les GEMs d’Advocacy sont aussi assez combatifs pour le respect des droits qui est à la base d ela création de cette association.

In fine, l’idée maîtresse de cette thèse sera que les GEMs aident non simplement les personnes en situation de handicap psychique mais aident la société tout entière à se renouveler dans un sens plus inclusif et solidaire. Pour paraphraser Oury qui disait que la psychothérapie institutionnelle était là pour soigner l’hôpital, on pourrait dire que les GEMs, par un étonnant renversement de paradigme, soignent la société en lui montrant la voie pour de nouvelles formes d’organisations, plus humaines et plus collaboratives, en dehors du marketing et de la consommation à outrance dans une société ou le travail disparaît peu à peu…. Le GEM, de lieu d’accueil pour âmes en détresse où l’on se contente il est vrai parfois de jouer aux cartes (mais n’est-ce pas justement le principe d’un GEM d’y faire ce que l’on veut) peut aussi devenir lieu de vie et d’auto-organisation où se recréent de nouvelles communautés humaines et de nouvelles formes d’organisation de la vie sociale, utiles pour tout le monde (création du potager du GEM qui permet une certaine autosuffisance alimentaire, actions humanitaires, animation de la vie locale (participation aux Réseaux d’Échange de Savoir -RES- et Systèmes d’Échanges Locaux- SEL-1),… A travers cette étude je veux construire l’objet sociologique GEM, peut être un peu comme ce que j’avais fait dans le « Que Sais Je » sur les services d’aide psychologique par téléphone. Elle permettra aussi d’analyser sous un angle original l’évolution de la société du post travail.

Le site WEB passerelleco

Interview de Damasio « Créer une pluralité d’îlots, d’archipels, est la seule manière de retourner le capitalisme »

L’arrivée lente de la GEM-Nation




Les GEMs ont beau exister depuis presque 15 ans, ils restent encore une structure en émergence, très mal connue du public et dont beaucoup de progrès peut être attendu dans leur organisation. Et ce n’est pas faute d’une croissance assez fulgurante : 30 Clubs en 2005, 300 en 2011, plus de 500 en 2019. Etpourtant, demandez dans votre entourage non-psychiatrique qui a entendu parler de ces structures…. vous ne trouverez sans doute guére plus de in ou deux pourcent de “connaisseurs”. Parlez leur alors du Secours Catholique et vous aurez là plus de 99 % de la population Française qui connaît cette association. Pourtant en terme d’heures, les bénévoles des GEMs (tout adhérent d’une association n’est-il point un bénévole) sont 10 fois plus actifs que ceux du Scours Catholique.

Cela s’explique par plusieurs choses et avant tout par le voile pudique duquel on continue de recouvrir tout ce qui a trait à la psychiatrie, sans doute un des dernier far west de nos sociétés moderne.

L’absence de liens forts entre chacun de ces GEMs ou de structure solide unissant l’ensemble des GEMs autour d’une association commune, un fonctionnement en autarcie locale, fait qu’il est impossible d’avoir une vision d’ensemble de ce que sont (et de ce que font) les GEMs aujourd’hui. Il existe bien une évaluation de l’ANCREAI, réalisée au cours de l’année 2017, mais elle n’a été réalisée qu’auprès de 25 GEMs et porte assez peu sur leur vie au quotidien, leur réalisations et leur façon de s’organiser,…

Encore de gros déficit dans la fédération des pratiques et la construction d’une identité commune

Quant aux 2 fédérations nationales (CNIGEM et UNGF), elles étaient jusqu’à récemment un peu des coquilles vides, notamment à cause d’un manque de financement (7000 euros par an, à peine de quoi payer les notes de frais des membres du CA pour se rendre à Paris et déjeuner ensemble) ; Elles se contentaient de vivoter n’entreprenant que des expériences ponctuelles de peu d’ampleur, comme en témoigne leur quasi absence sur Internet et l’absence de véritable travail collectif donnant lieu à des restitutions publiques : pas de réponses aux courriels envoyés, organisation de journées nationales dont on ne retrouve aucune trace écrite (sur Internet du moins…. Le vice-président du CNIGEM n’a participé à aucune réunion depuis plus de deux ans et était incapable jusqu’à l’été 2018 de nous dire où en était la fédération.
Les contacts InterGEMs sont plus ou moins approfondie suivant les régions et l’appartenance du GEM à tel ou tel parrain. On trouve dans beaucoup de départements des gestionnaires qui ont en charge plusieurs GEMs à la fois (les amis de l’Atelier dans les Yvelines, Espoir2 dans l’Aisne,…). Dans ces ca là on observe une intégration beaucoup plus grande des GEMs entre eux, avec présence d’animateurs volants, de réunion mensuelle, d’un coordinateur qui gère l’ensemble des 3/4 GEMs en même temps. Les GEMs enfant unique, dont le gestionnaire ne s’occupe d’aucun autre GEM, eux ont beaucoup plus tendance à vivre isolés, d’autant plus si ils sont pauvres, ne dipsoant souvent pas de véhicule,…

Au niveau individuel également dans certains département comme l’Oise, l’Asine ou le nord, chaque GEM reste encore dans son coin, sans beaucoup de contacts avec les GEMs d’autres villes et à fortiori d’autres départements. Seuls quelques groupements InterGEMs commencent à voir le jour comme dans le Midi Pyrénées (Pamiers, Rodez, Albi,…) et en Bretagne où une dizaine de GEMs se réunissent tous les 2/3 mois à Pontivy (Bénévoles interGEM et Professionnels interGeM (BIG-PIG). Les différents départements des Hauts de France ne semblent pas encore avoir organisé de collaboration régulière (une rencontre ludique par an, pas de rencontres entre animateurs, présidents ou parrains). La plupart des rencontres InterGEMs, quand elles ont lieu, ne donnent pas lieu à une réflexion commune mais surtout à des activités ludiques (karaoké, …). On note donc pour le moins une certaine indifférence à la collaboration entre GEMs. Le CNIGEM, censé être la fédération de tous les GEMs, se plaint d’ailleurs d’avoir du mal à recruter de nouveaux adhérents (40 cotisants au début de l’année, une centaine à la fin 2018 grâce à une campagne d’une vingtaine de formations sur le respect des cahiers des charges).
Sans vouloir créer un république des GEMs, on peut cependant constater que tant qu’une dynamique fédérative et collaborative ne verra pas le jour, les GEMs seront condamnés à vivoter dans un certain ’immobilisme conceptuel et imaginatif. C’est d’ailleurs ce qu’on peut souvent leur reprocher : se limiter à de l’occupationnel, là où Clubs Thérapeutiques et ClubHouses mènent une profonde réflexion sur leur pratique. Leur problème, c’est un peu celui de toutes les peuples qui n’ont pas d’histoire et qui ont donc du mal à se mettre sur des rails, ne pouvant se référer, comme les Clubs Thérapeutiques par exemple, à de glorieux ancêtres.

La montée en puissance du CNIGEM
La situation semble cependant depuis le début de l’année 2018 en train de radicalement changer. Le CNIGEM et les 4 autres associations d’usagers en charge des GEMs ont reçu une subvention de 300 000 Euros pour organiser des formations à la gestion de GEMs (24 sessions de formation organisées entre janvier et septembre 2018. Le CNIGEM pourvu de la meilleure dotation (les 2/3 auquel ceux sont ajouté 78 000 Euros de financement comme si le CNIGEM était considéré comme un GEM) en a profité pour lancer une campagne de recrutement de nouveaux adhérents et refaire entièrement son site WEB et recruter un WEBMaster à la fin du mois d’août (encore largement en construction et ne comptant qu’une vingtaine de pages à cette date,…). Le site WEB s’enrichit depuis cette date d’une page tous les 15 jours. La journée des GEMs, traditionnellement organisée par la Fnapsy a d’ailleurs cette année été directement pilotée par le CNIGEM. 

French Mutual Help groups Stefan Jaffrin Phd



English Abstract : Mutual self-help groups (GEM : Groupes d’Entraide Mutuelle), meeting and self-help centres managed by users, have become essential partners for rehabilitation and for the fight against social isolation. They were created in 2005 through government funding (French Mental Health Plan 2005-2008) and run by users themselves in autonomy most of time. In 2019, 500 groups were in activity, wellcoming 40 000 personns, out of which half of these groups were piloted 100% by users NGOs. These groups certainly do fight against isolation, yet they tend, above all, to become bridges allowing users to progressively leave the psychiatric care system.

Action Plan :

1. The thesis object
2. A proposal : To give a strong practical orientation to the thesis
3. First approach : Observe the GEMs
4. Institutional analysis of GEM development
5 The “Professionals” of the GEMs : Presidents, Facilitators and Sponsors
6 The GEMs, Therapeutic Clubs and ClubHouse comparison
7. State of the art literature on GEM literature
8. Bibliography -1 on GEMs -2 on Psychiatry
9 Postface by Jean Baptiste Gouil Lucas Fontaine

Gemmology At Work
After two years of investigation in the world of asylar and drug psychiatry, I have been preparing a thesis on the sociology of psychiatry since last July. Carried out since the summer of 2018, this thesis aims at the sociological study of the 500 or so GEMs existing throughout France, these new places created by a 2005 law where some 30,000 people suffering from mental disorders meet every year. Mutual Aid Groups are self-managed associations and places open 35 hours a week created by the 2005 Law on Psychic Disability to combat the isolation in which a very large number of people who have suffered from psychological disorders live. To sum up briefly by using the official terminology : Mutual aid groups (MEGs) are mechanisms for preventing and compensating for the restriction of participation in social life organised in the form of associations. They welcome people with similar health problems, who put them in a situation of fragility and offer them the opportunity to participate in the organization of multiple leisure activities. GEMs are undoubtedly the most significant structural evolution in psychiatry in the last 40 years. Never before have we seen so many people being cared for and such a deployment of structures. We could almost talk about a real Copernican revolution in psychiatry. This new object outside the medical institution. This could help us to move from the dictatorship psychiatry we know too often today to a more democratic form where each of the actors has the freedom to take his destiny in hand.
This thesis will aim to get to know them better (and make them better known) and to provide them with a federative & productive basis : from wherever they come, how they operate, what are the particularities of each one, how they fit into local life, collaborate with each other, organize themselves in their own way, launch their own activities,… I am also interested in the evolution of concepts from the 2005 law to the new specifications set up in 2016, fault lines, ideological clashes… I carry out a field survey and participant observation on the GEMs of the Hauts de France region, while regularly visiting the GEMs of other French regions.

This thesis will of course also cover, if only to compare them, other forms of community management of psychological disorders, such as Therapeutic Clubs and ClubHouses. Of course, I am closely studying the very important literature codifying the implementation of GEMs or the case studies of GEMs that have already been carried out (about twenty research papers on specific GEMs, cities or regions). The role of the various GEM actors, whether presidents, salaried facilitators or sponsors/managers, will also be examined.
The first field work will be to observe the GEMs through direct observation in the field of their daily functioning or during their meetings (called InterGEMs) to build their sociology. It will also largely be done remotely via the Internet using the networking and collaborative work force of this tool. I have also started to implement a Twitter/Facebook/LinkedIn/Blogger strategy based on Open-Science (the progress of my book and thesis gives rise to the publication of bibliographical and other references (life of structures, conferences, publication of articles,…) at the rate of about 3 publications per day and one subject for discussion. Having become a “friend” with about forty GEMs and having “enjoyed” others as much, I receive daily information about their activities and gradually begin to get in touch with everyone. More than a simple observation tool, the Internet can also become the tool of a real Action-Research if we consider that the purpose of this thesis, apart from its purely sociological aspect, is to allow GEMs to better communicate with each other and get to know each other better. This will be done in a massive way from September 2019 with the launch of a collaborative website and the establishment of discussion forums.

The thesis aims
In the end, the main idea of this thesis will be that GEMs not only help people with mental disabilities but also help society as a whole to renew itself in a more inclusive and supportive way. To paraphrase Oury, who said that institutional psychotherapy was there to treat the hospital, we could say that GEMs, by an astonishing paradigm shift, treat society by showing it the way to new forms of organization, more human and more collaborative, outside of marketing and excessive consumption in a society where work is gradually disappearing…. The GEM, a place of welcome for souls in distress where it is sometimes enough to play cards (but is it not precisely the principle of a GEM to do what one wants) can also become a place of life and self-organization where new human communities and new forms of organization of social life are recreated, useful for everyone (creation of the GEM vegetable garden which allows a certain food self-sufficiency, humanitarian actions, animation of local life (participation in Knowledge Exchange Networks -RES- and Local Exchange Systems ),..

If at first glance we can find some GEMs a little gloomy and not very welcoming, by attending their weekly meetings, living there from day to day and participating in daily group meals, we realize that there are also real dynamics that are taking shape. In fact, GEM members, from isolated in their own corner to meeting GEMs, often lead a richer and more diversified life than a large majority of French people (they go out several times a week, have varied leisure activities, meet up every day with friends…). Over the past 15 years, the GEMs have enabled a few hundred thousand people to come out of their isolation and relive life.
Through this study I want to build the sociological object GEM, perhaps a little like what I did in my “Que Sais Je” on psychological assistance services by telephone ( N°2692 1992). It will also make it possible to analyse from an original angle the evolution of psychiatry over the past 10 years (greater patient voice and power,…) and the tensions between the actors at work in it (professionals, professionals, professionals, users, families,…).

About the author
Graduate of EHESS (CREDA, Centre de Recherche sur les Dysfonctionnements de l’Adaptation) and holder of the DEA of EHESS “Anthropologie Sociale et Culturelle” 1992. My DEA thesis on psychological assistance services by telephone (directed by François Raveau, jury composed of Alain Touraine, Robert Castel and Michel Maffesoli), was published as Que Sais Je (N°2682), a few days after his defense. Co-founder in 1990 of the French monthly magaezine « Sciences Humaines » , I was its paid journalist for 2 years. I also published another book in 1995 on a related subject, the Citizen Band (the tribe of Cibists 1995 which received the “Communication & Will” award) and about a hundred journalistic articles in this field of activity (Human Sciences, International Journal of Medicine, Telephone Journal, L’impatient, Sciences & Future,….)
After 25 years spent in the worlds of Internet and journalism and 7 years travelling the world, I have dedicated myself for two years to humanitarian action with the French Red Cross, Secours Catholique and Trucks du Cœur (aid to the excluded and migrants).
Complete professional profile : https://www.linkedin.com/in/adminet/